dimanche 28 septembre 2008

Eloge du silence


Apres un passage par le Liban relativement court mais particulierement fort en emotions, nous voici de retour en Syrie, a Damas.

Dans notre dernier post, nous en etions donc aux joies de la democratie...
Je vous epargne les considerations techniques, mais en gros, de Damas, nous ne pouvons pas vraiment acceder a notre blog, sauf a lui envoyer un mail ; ce a quoi je m'attelle presentement. D'ou une presentation un peu plus brouillon qu'a l'acccoutume. Pourtant d'Alep, nous pouvions. Serions-nous devenus subrepticement subversifs ?  Mmmmm. Rechercher des informations sur le passage des frontieres entre la Jordanie et le
pays qui porte ici pour seul nom la Palestine est egalement impossible. Enfin, difficile. Bref, le reseau est aleatoirement, ou arbitrairement, ce qui signifie souvent la meme chose, censure. Non, tout de suite les grands mots, les grands concepts moralisateurs. Disons controle.

Comme le reste d'ailleurs.
Au Liban, nous nous sommes trouves etourdis par l'affichage politique. Des figures de leaders, locaux, nationaux, regionaux (voisins, quoi), d'immams, de "martyres", des drapeaux des differentes factions a n'en plus finir.
Ici, point d'etourdissement. Aucune chance de se sentir perdu en tant qu'etranger par une propagande multi-directionnelle a laquelle on ne comprend que peu de chose. Ici Bachar superstar sur les murs. Bachar de dos, de face et de profil. En costume, en t-shirt, en habit militaire. Seul, en famille, ou fendant la foule. Jouant au golf. Ou votant. Si, si. (Ceux auxquels ceci evoquerait les livres pour enfants dans lesquels on voit cette pauvre Martine successivement a la fete forraine, au zoo, au ski, en famille, bla bla bla, ne sont pas totalement dans le faux).
Et, pour le fan club, Bachar toujours muni de son inenarrable moustache.

Faute de bruit, cela a le merite de la simplicite...


Mais n'allez pas croire que cela nous gache le plaisir.

Damas est une ville ahurissante.

De bruit justement. Se perdre une fois encore dans les dedales de la vieille ville et de son souk a perte de vue, ou le bordel est roi.
Entrer dans la gigantesque mosquee des Omeyades, haut lieu de l'Islam s'il en est. Puis sentir la paix, une certaine paix, s'installer. Dans ce qui n'est autre qu'un lieu de vie. Ou les gens prient bien sur, mais aussi parlent, dorment, ou les enfant courrent, crient.
Et puis, au detour d'une rue, penetrer un ancien palais damassien aux abords plutot miserables.
Et se laisser envahir par le silence. En ces lieux teintes d'un lustre passe, seuls le bruissement de l'eau et l'odeur du jasmin ont voix au chapitre.

1 commentaire:

Martine N. a dit…

Contraste et antinomie absolus entre Tripoli/Beyrouth/Damas/... et la douceur ensoleillée de notre Sud d'où je reviens !
Continuez vos éditos et décryptages. Ce dépaysement à distance est un formidable régal.
Mille baisers.

P.S. Je me réjouis qu'Elise ait vaincu ses craintes et ait pu trouver le chemin -parfois tortueux- des "commentaires" !!!