Profusion d’impressions. Profusion de sens. Saturation de sens. Perturbation des sens. Où est l’essentiel ?
Jérusalem donc. Où la foi chrétienne bruisse et se murmure de partout. Solidement gardée par l’Eglise catholique romaine, l’Eglise grecque orthodoxe et l’Eglise arménienne orthodoxe. Sans parler des Ethiopiens, des Syriaques, des Coptes. J’en oublie certainement. Ne chercher pas, ils sont tous là. Chacun son bout de bout d’autel, de relique, de lieu saint. Et profusion de lieux saints il y a. Traverser dans une même journée la Via Dolorosa, le Saint Sépulcre, le jardin de Gethsémani, le tombeau de la Vierge. Observer, ébahis pèlerins et touristes mêlés qui se jettent, se prosternent sur ces pierres sacrées et ces tombeaux ancestraux pour bénir en les frottant benoîtement toutes sortes d’objets dans un long murmure fervent et pieux. Ou démonstratif et superstitieux.
Jérusalem toujours. Au pied du mur des lamentations, être juif orthodoxe et venir prier transi, être juif tout court et venir prier, sobrement. Ou y célébrer une bar mitzvah dans la joie et les acclamations.
S’emmurer aussi dans le silence du quartier juif orthodoxe de Mea Shearim, où les pâles enfants déguisés en adultes religieux ont l’air d’ombres longeant les murs et les longues jupes de leurs mères.
Esplanade des mosquées fermée pour raisons diverses et variées. À suivre ultérieurement.
Bethléem ensuite. Cisjordanie. Autre mur. Pas de commentaire. S’emmurer dans son propre silence contraint. Contrit. Et constater.
D’un côté du mur les affiches d’une Israël de papier glacé. Imitation catalogue du Club méditerranée. De l’autre, images et tags volés de cris de liberté. Désirée.
Puis Tel Aviv. Mer. Légèreté. Surabondance de bars et de restaurants branchés. Cris de l’Occident musical et bronzé. Oublier l’austérité. Crier sa normalité.Quelle normalité ?
Etonnante, vue depuis la mosquée de la cité d’en face, Jaffa.
Multiplicité de sens donc. Autant vous dire que l’on en a la tête qui tourne. Un peu perdus. Si, si, cela nous arrive aussi d’être en mal de commentaires. Si saturés d’impressions antagonistes que le verbe vient à manquer.
Certains s’en réjouiront peut-être : on a enfin trouvé un moyen de faire taire les jeantet-chirouze.
Mais le silence n’empêche pas de réfléchir. De ressentir, physiquement, la folie qui émane d’un lieu habité par toutes ces religions. D’en voir les résultats politiques. D’en voir l’impossible évolution, l’impossible réconciliation au-delà de dogmes contraires, et de fois si radicales qu’elles en oublient l’homme.
Car le sujet est là. La religion, ici, est une barrière à l’humanisme. La bondieuserie superstitieuse l’emporte sur la transcendance, la défiance sur l’échange, la conquête matérielle de chacun sur le destin commun de l’homme.
Venir ici, c’est mesurer physiquement la liberté laïque. Chérir, à jamais, cette éthique humaniste qui donne à chaque homme sa dignité dans ce qu’il peut réaliser, pas dans ce qu’il est.
Dans une confusion insensée et sensible donc, une conviction demeure, plus chevillée au corps que jamais : la joie d’être laïc. (Deux peut-être : la fierté d’être agnostique ?)
Ndlr : 1ère tentative d’écriture à 4 mains. Dieu reconnaîtra les siens.
1 commentaire:
Il semblerait que votre "journal à quatre mains" ait laissé muets tous et chacun de vos commentateurs...
Le foisonnement et les résonances de vos propos sur ces lieux où toutes les "vérités" se côtoient (litote) ont peut-être entravé les claviers ? ? ?
Mille baisers.
[P.S. Vous recevrez peut-être ce message 2 fois du fait d'un léger bug au moment de l'envoi !]
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